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Comment passer d’un lien de thérapie individuelle vers une thérapie du couple ?

Dernière mise à jour : 16 oct. 2025

C’est évident, c’est son couple qui va mal. Engagée avec moi en thérapie individuelle depuis quatre ans, Gildas revient sur ce sujet depuis plusieurs séances. L’absent envahit le champ.


En tant que thérapeute, tout ce que je redoute surgit : parler d’un tiers en son absence, alors qu’en tant que thérapeute du couple je milite pour aborder le couple en présence du conjoint. Je lui suggère de suspendre la thérapie individuelle et de travailler avec un thérapeute du couple sur son couple avec son partenaire. Elle résiste, refuse. Sans doute préfère t-elle rester avec moi pour se plaindre de lui, plutôt que de parler avec lui sans moi !

Elle  concède finalement à lui en parler. En vain. Elle essuie un refus et aussitôt renonce. J’émets quelques doutes sur sa force de conviction dans sa demande. Je reviens à la charge et l’incite vivement à refaire sa proposition à son conjoint,  au moins trois fois.

Nouvelle résistance. Je peux imaginer qu’il est plus facile pour elle de prolonger sa mélodie plaintive et nourrir notre lien de cette relation de victime, plutôt que de se confronter au réel de sa relation conjugale. J’imagine… Je lui en parle. Sans effets.


J’observe que nous revivons souvent ce moment pointé en formation à l’Ecole du Couple où un des partenaires va préférer rester avec son thérapeute individuel pour parler de l’autre plutôt que d’oser un travail de thérapie conjugale pour parler avec l’autre.


J’ai fini par suspendre le travail individuel avec cette cliente  refusant   de cautionner et d’entretenir sans effet une plainte stérile et un jeu relationnel où nous constituions une sorte de couple toxique : femme plaintive et malheureuse et homme patient et compréhensif ! Tout ce qu’elle ne pouvait plus vivre avec son mari !


Gildas était consciente que son travail n’était plus avec moi mais avec son partenaire. La thérapie offrait une sorte d’évitement. Nous-nous sommes quittés temporairement sur ce constat partagé. Quatre ans plus tard, Gildas rappelle ! Son couple n’a jamais pu franchir le seuil du cabinet du thérapeute du couple. Elle venait de se séparer de son mari, parti avec une autre femme !

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